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Interview de Frédéric Vasseur, membre du jury Plumes en Herbe 2011

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Pour cette deuxième édition du concours Plumes en herbe, le jury est composé de différentes personnes, certains sont des auteurs, d’autres des lecteurs, d’autres encore des journalistes. Nous sommes heureux de vous faire découvrir un peu plus en profondeur les membres de ce jury avec l’interview de Frédéric Vasseur, auteur de nouvelles et de novellas, et membre du comité de lecture de Voy’El…

 

ForgeSonges : Bonjour Frédéric. Tout d’abord peux-tu te présenter, nous raconter ton parcours littéraire ?

Fred Vasseur : Bonjour. J’ai 41 ans, je suis un lecteur boulimique et, en effet, un auteur. J’écris dans tous les grands styles de l’imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique, je ne pousserai pas la classification plus loin) ainsi que du polar ou des histoires humoristiques. À dire vrai, j’aime raconter des histoires, quel que soit leur genre.

 

FS : Aujourd’hui, tu es membre du comité de lecture de Voy’El, quel est ton rôle ? Comment fonctionne un comité de lecture ? Tous les textes sont-ils lus ?

FV : Corinne, l’éditrice, reçoit les manuscrits et fait un premier tri. En particulier, elle élimine tout ce qui est nettement mal écrit (première page remplie de fautes, par exemple) et tout ce qui ne rentre pas dans la ligne éditoriale. Ensuite, le synopsis et les trois premiers chapitres sont transmis aux membres du comité. Sur cette base, nous donnons un premier avis argumenté. S’il y a une majorité d’avis positifs, quelques uns d’entre nous vont lire le manuscrit en entier et donner leur avis final. Tous ces échanges se passent dans une zone privée du forum Voy’El.

 

FS : Ecris-tu toujours en parallèle ? Et quoi ?

F.V. : Oui, j’écris toujours. En ce moment, je suis sur les corrections de « Svetlana », un polar fantastique. S’il reçoit bon accueil, il sera suivi d’un deuxième et très probablement dernier tome, qui présentera une nouvelle aventure de cette demoiselle, cette fois-ci dans un style anticipation/fantastique (oui, on peut passer du polar contemporain à l’anticipation, il suffit d’avoir le personnage qui va bien).

 

FS : Dans tes créations, au sens large, y  a-t-il des thèmes qui te tiennent à cœur ? Des  ambiances ou des genres particuliers ?

F.V. : La plupart des mes histoires ont une composante humoristique. Elle est parfois majeure, parfois très mineure, mais je crois bien qu’elle n’est jamais absente. Je ne m’impose pas de thème redondant ou même de genre, vu que je suis très touche-à-tout. J’ai tout de même eu une période « histoires à chute », mais ce n’était pas un choix de ma part, c’est venu spontanément. Comme l’essentiel de ce que j’écris, d’ailleurs.

 

FS : Le sujet de cette seconde édition est typé SF. Pour toi, qu’est-ce que la SF ? Quels sont les composants indispensables d’un texte SF ?

F.V. : Je ne voudrais surtout pas relancer un débat d’experts, il y en a déjà suffisamment ! Je ne sais pas si ce qu’on appelle « La SF » existe vraiment. Est-il rationnel de mettre Frankenstein et Star Wars sous une même bannière ? Et quid d’un film tel que Minority Report ? Est-ce de la SF, de l’action ou du policier ?

La SF, pour moi, est une extrapolation. Chaque élément typé « SF » dérive de ce que l’on a déjà découvert et a une explication rationnelle, à l’inverse de la Fantasy qui nous décrit des mondes imaginaires. En réalité, ce qui me plaira le plus sera à la frontière de plusieurs genres, je n’aime pas tellement ce qui tient bien dans un tiroir et sous une étiquette.

 

FS : Ecrire de la littérature de l’imaginaire, c’est justement, faire preuve d’imaginaire. En tant qu’auteur, comment construis-tu tes mondes ? Tes personnages ?

F.V. : Je ne sais pas. Les idées me viennent au fil de l’eau, sans que j’en comprenne la source ou le déclencheur. Mais ça m’oblige à très souvent revenir en arrière pour retrouver un élément, une info, etc. Il est essentiel pour moi de présenter quelque chose de crédible et cohérent, donc à aucun moment je ne dois me contredire, ce qui me force à ces va et vient quasi permanents. Un personnage est-il brun ou roux ? Est-ce que la deuxième partie d’une histoire se passe dix ou onze ans après la première ? Et ainsi de suite. Je n’écris pas de bible dans laquelle je consigne tout, je n’ai ni plan ni fiches, je marche principalement à l’instinct. Il y a probablement un peu de moi dans chaque personnage, comme pour la plupart des auteurs, mais ça n’est en aucun cas volontaire : je suis l’un des seuls sujets sur lesquels je refuse d’écrire. Ça ne m’intéresse pas de parler de moi, même par personnages interposés… et je doute que ça intéresse des lecteurs !

 

FS : Fais-tu parti des auteurs qui planifient leur texte ou qui écrivent au fil de l’eau ?

F.V. : Voir réponse précédente. Plus sérieusement, j’ai déjà essayé de faire un plan avant d’écrire, mais je n’ai jamais pu rédiger l’histoire elle-même : je n’en avais plus envie. Quand je connais la fin d’une histoire, elle ne m’intéresse plus et il faut que je passe à autre chose. Je commence un texte avec quelques images en tête, quelques instantanés que je souhaite y glisser, mais sans aucune idée du déroulement, des personnages, etc. Et quand je commence à avoir une bonne vue d’ensemble, l’inspiration s’en mêle et m’entraîne dans d’autres directions. Je reste mon premier lecteur, je découvre au fur et à mesure de l’écriture !

 

FS : Quels sont tes projets pour l’avenir ?

F.V. : Ça dépend, quels numéros sont sortis au Loto ? En réalité, j’aimerais que l’écriture et tout ce qui va autour prenne plus de place dans ma vie, en rognant sur mon « autre » métier. Si je pouvais faire de l’écriture mon activité principale, ce serait vraiment très bien.

 

FS : Venons en maintenant au concours : comment as-tu entendu parler des Plumes en Herbe ? Connaissais-tu le concours et/ou l’association ForgeSonges avant cette édition ?

F.V. : C’est Lilian (ndlr : kiahetela sur le forum), lui aussi membre du comité de lecture de Voy’El, qui m’en a parlé. J’avoue que je connaissais pas du tout avant.

 

FS : Qu’est-ce qui t’as amené à accepter de prendre part à l’aventure et à nous suivre ?

F.V. : En tant qu’auteur, lecteur et ancien rôliste, j’ai bien aimé à la fois l’idée globale (de l’association et du concours) et le thème de l’appel à textes. Et pour moi, c’est l’occasion de découvrir de nouvelles histoires.

 

FS : C’est ta première participation à un concours en tant que membre de jury ?

F.V. : Je n’en suis pas tout à fait certain, mais il me semble bien que oui. J’aime élargir mon horizon.

 

FS : Qu’espères-tu retirer de cette expérience ?

F.V. : Déjà, découvrir de nouvelles histoires. En tant que grand lecteur, plus j’ai de textes à lire et plus je suis content. Ensuite, m’obliger à juger un texte me forcera aussi à mettre en perspective mes propres histoires, ma manière de raconter. Me forcer à avoir un regard extérieur sur une histoire me permettra peut-être également de faire de même avec les miennes quand j’en aurai besoin. Il faut deux lectures : une première instinctive pour dire si on aime ou non, une deuxième technique pour trouver le « pourquoi ».

 

FS : En tant que membre du jury du concours, qu’attends-tu des nouvelles ? Quels sont tes espoirs ?

F.V. : J’aimerais être surpris. J’aimerais que ces histoires m’emmènent là où je ne pensais pas du tout aller. J’aimerais aussi qu’elles me prennent par la main et qu’elles ne me lâchent plus, que je les lise d’un seul trait, sans vouloir ou même pouvoir m’interrompre.

 

FS : Quels conseils d’écriture donnerais-tu aux participants ?

F.V. : À chacun sa technique et je ne me considère pas comme un modèle, donc difficile de répondre. En premier lieu, affranchissez-vous des autres auteurs. Beaucoup de débutants commencent par de la fanfiction ou par des hommages « à la manière de », ce qui peut donner de très agréables textes, mais qu’il faut savoir dépasser un jour ou l’autre pour enfin trouver ses propres histoires et surtout son propre univers et son propre style.

Ensuite, acceptez-vous. Sachez reconnaître vos forces et vos faiblesses et en jouer.

Soyez humble. Quelles que soient nos qualités, nous avons tous encore du chemin à parcourir, des progrès à faire. Trouvez des « beta lecteurs » qui vous diront sincèrement et de manière argumentée ce qu’ils pensent de vos histoires. Acceptez d’entendre les critiques : on ne peut pas progresser si dès le début on se sent parfait. Une critique peut faire du mal, peut nous sembler injuste, mais si le lecteur a été sincère, il y a obligatoirement un fondement. Ensuite, il faut trier en fonction des arguments pour savoir ce qu’on garde et ce qu’on écarte.

Mais surtout et avant tout, faites-vous plaisir. Que l’écriture soit pour vous un choix. En particulier en SF ou dans les autres genres de l’imaginaire : si nous inventons ces histoires et ces mondes, c’est pour le plaisir. Le nôtre et celui du lecteur. Jamais ça ne doit devenir une contrainte, sinon la qualité finira par le refléter et baisser.

 

FS : le mot de la fin, si tu as quelque chose à ajouter, libre à toi…

F.V. : Évadez-vous ! Rêvez !

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