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Interview d’Eric Nieudan, membre du jury Plumes en Herbe 2011

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Pour cette deuxième édition du concours Plumes en herbe, le jury est composé de différentes personnes, certains sont des auteurs, d’autres des lecteurs, d’autres encore des journalistes. Nous sommes heureux de vous faire découvrir un peu plus en profondeur les membres de ce jury avec l’interview d’Eric Nieudan, auteur de jeu de rôle et de romans [Non encore publiés ;) ]…

 

ForgeSonges : Bonjour Eric. Tout d’abord peux-tu te présenter, nous raconter ton parcours dans le monde de l’imaginaire, que ce soit littéraire ou ludique ?

Eric Nieudan : Pour faire court, je suis tombé dans le jeu de rôles à l’âge de 11 ans, ce qui remonte à loin (c’était en 1983). Cette découverte a changé ma vie et façonné mon goût pour les histoires. Il y a une douzaine d’années, j’ai commencé à écrire « pour de vrai » en travaillant pour des éditeurs de JdR, puis de jeu vidéo. Depuis l’année dernière je me consacre à temps plein à la fiction.

 

FS : Aujourd’hui, écris-tu toujours ? Et quoi ?

E.N. : Plus que jamais ! Je travaille sur de la bande dessinée, des nouvelles et des romans jeunesse. En plus de ça, j’écris du contenu-pas-forcément-marrant pour gagner ma vie et je tiens un blog sur mes aventures d’écriveur : quenouille.com.

 

FS : Dans tes créations, au sens large, y  a-t-il des thèmes qui te tiennent à cœur ? Des  ambiances ou des genres particuliers ?

E.N. : Les mauvaises langues te diront que j’aime tout univers avec des ninjas, des nazis ou des dinosaures, mais la vérité est que je préfère ceux qui mélangent les trois. Plus sérieusement, si c’est pas un peu déjanté, j’ai du mal.

 

FS : Le sujet de cette seconde édition est typé SF. Pour toi, qu’est-ce que la SF ? Quels sont les composants indispensables d’un texte SF ?

E.N. : Vaste question que tu nous poses là. Si j’avais internet là où j’écris ceci, je chercherais une définition savante, mais malheureusement ce n’est pas le cas. La science fiction réunit tellement de sous-genres, futuristes ou non, technologiques ou pas… Il me semble que le seul aspect important est l’homme. En nous montrant des futurs possibles ou impossibles, la SF s’interroge sur nous, nos sociétés, nos espoirs. Un texte de l’imaginaire qui porte ce genre de questionnement est pour moi un  texte de SF.

 

FS : Ecrire de la littérature de l’imaginaire, c’est justement, faire preuve d’imaginaire. En tant qu’auteur, comment construis-tu tes mondes ? Tes personnages ?

E.N. : Les univers me viennent généralement d’une idée toute bête, comme « Des vikings sanguinaires dans une galaxie proprette à la Star Trek » ou « La crise dans une cité médiévale fantastique ». Après, je creuse, je gratte et je me pose des questions. Quelques dizaines de pages de notes, de croquis et de cartes heuristiques plus tard, j’ai quelque chose qui tient sur trois pattes. Le reste du développement se fait au cours de l’écriture.

Pour les personnages, c’est plus simple : je lance quatre dés à six faces et je garde les trois meilleurs.

 

FS : Fais-tu partie des auteurs qui planifient leur texte ou qui écrivent au fil de l’eau ?

E.N. : Venant du JdR, j’ai appris à m’appuyer sur un synopsis aussi solide que possible. C’est bien utile quand on écrit une BD ou une nouvelle et qu’on veut pas perdre trop de temps en réécritures. Même si je n’ai que peu d’expérience en roman, j’ai appris à ne pas trop faire confiance à l’inspiration du moment. C’est le meilleur moyen de se retrouver avec quelque chose qui n’a ni queue, ni tête, ni souffle.

 

FS : Quels sont tes projets pour l’avenir ?

E.N. : En ce moment, je travaille sur une poignée de projets de BD, certains plus avancés que d’autres, ainsi que sur une histoire celtique illustrée par le talentueux Pascal Quidault. Question romans, j’ai une série de pirates-fantasy qui attend un éditeur pour avoir un deuxième tome, une novella pulp-multiversel qui attend d’être relue et une histoire de SF-pas-sérieuse (avec les vikings suscités) dont le deuxième jet est presque fini. Et j’ai de plus en plus envie de me remettre à mon premier projet de roman, Gastromancien. Tout ça en plus des anthologies et concours de nouvelles auxquels j’aimerais contribuer.

 

FS : Venons en maintenant au concours : comment as-tu entendu parler des Plumes en Herbe ? Connaissais-tu le concours et/ou l’association ForgeSonges avant cette édition ?

E.N. : Je ne suis plus qu’un rôliste dillettante, mais j’aurais eu du mal à rater Les ombres d’Esteren ! En ce qui concerne Plumes en Herbe, j’avais vu mentionner le concours sur Internet la dernière fois mais je t’avoue que je ne serais pas ici si on ne m’avait pas démarché directement.

 

FS : Qu’est-ce qui t’as amenée à accepter de prendre part à l’aventure et à nous suivre ?

E.N. : Un email amical et enthousiaste d’un certain Tiburce, et l’envie de voir un peu ce que la communauté des écriveurs avait à proposer sur un thème aussi ouvert que « On a marché sur… »

 

FS : C’est ta première participation à un concours en tant que membre de jury ?

E.N. : Autant que je me souvienne, oui.

 

FS : Qu’espères-tu retirer de cette expérience ?

E.N. : De bonnes lectures, des contacts avec des passionnés d’imaginaire comme moi et des idées que je pourrai piquer pour les vendre à Steven Spielberg. (Seules deux des trois affirmations précédentes sont vraies, sauras-tu deviner lesquelles ?)

 

FS : En tant que membre du jury du concours, qu’attends-tu des nouvelles ? Quels sont tes espoirs ?

E.N. : J’espère lire des histoires barrées dans des univers comme je n’en ai jamais rêvés. L’originalité est devenue tellement rare de nos jours.

 

FS : Quels conseils d’écriture donnerais-tu aux participants ?

E.N. : Dans une nouvelle de science-fiction, c’est le concept qui est important. N’hésitez pas à aller à l’efficacité, à couper les longueurs. Et faites-vous relire par quelqu’un d’autre que votre maman.

 

FS : Le mot de la fin, si tu as quelque chose à ajouter, libre à toi…

E.N. : Je voudrais juste remercier Forgesonges d’avoir pensé à moi. Ça va être fun. Et aussi dire aux participants au concours de se remettre au travail au lieu de lire Internet. Faites pas les innocents, vous savez comme moi que vous devriez être en train d’écrire.

Comment ça, moi aussi ?

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