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Interview de Mathieu Gaborit, membre du jury Plumes en Herbe 2011

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Pour cette deuxième édition du concours Plumes en herbe, le jury est composé de différentes personnes, certains sont des auteurs, d’autres des lecteurs, d’autres encore des journalistes. Nous sommes heureux de vous faire découvrir un peu plus en profondeur les membres de ce jury avec l’interview de Mathieu Gaborit, auteur de jeu de rôle et de romans…

 

ForgeSonges : Bonjour Mathieu. Tout d’abord peux-tu te présenter, nous raconter ton parcours dans le monde de l’imaginaire, que ce soit littéraire ou ludique ?

Mathieu Gaborit : Je travaille dans l’imaginaire depuis quinze ans environ. J’ai commencé avec le jeu de rôle puis j’ai publié des romans en parallèle. Par la suite, j’ai exercé le métier de scénariste dans le jeu vidéo tout en continuant à publier.

 

FS : Aujourd’hui, écris-tu toujours ? Et quoi ?

M.G. : j’ai eu une vraie lassitude de l’écriture ces trois dernières années. Ou plutôt de la solitude qu’elle engendre. La naissance de mes deux garçons a aussi précipité un ancrage dans la réalité que je n’ai pas su concilier avec mes… appétits créatives. J’ai cherché des équipes, des travaux collectifs autour du jeu, des collaborations. Depuis peu, j’ai retrouvé le goût d’écrire. Je publie un nouveau roman en septembre.

 

FS : Dans tes créations, au sens large, y  a-t-il des thèmes qui te tiennent à cœur ? Des  ambiances ou des genres particuliers ?

M.G. : j’aime la poésie en toile de fond, le mimétisme et le métissage, l’enchantement cohérent et maîtrisé, la magie artisanale, la magie sociale et la manière dont elle peut orchestrer des cosmogonies, des univers immersifs et des histoires qui content des destins tragiques. A en croire certains, mes thèmes de prédilection sont la femme forte et la perversion de l’homme. Une phrase m’obsède : « l’homme est né bon » et j’essaie tant bien que mal d’y répondre.

Accessoirement, je cite souvent en exemple la sirène pour décrire ce que j’aime faire. Cette sirène, je veux la réinventer, en brosser un portrait inédit en me fondant sur un inconscient collectif que je vais travestir. Si je dois parler d’elle, je l’imagine vieille, les seins avachis et les cheveux filasses, dans une bassine de cuivre oxydé, au fond d’une taverne. Mère maquerelle, peut-être, la voix éraillée et les yeux vitreux.

S’emparer du mythe, le bousculer et le crédibiliser dans un univers spécifique.

 

FS : Le sujet de cette seconde édition est typé SF. Pour toi, qu’est-ce que la SF ? Quels sont les composants indispensables d’un texte SF ?

M.G. : la SF, c’est ma madeleine. Enfant, je lisais la SF et j’ai toujours la même sensation quand j’ouvre un bouquin de SF. Un émerveillement naïf et sincère.

 

FS : Ecrire de la littérature de l’imaginaire, c’est justement, faire preuve d’imaginaire. En tant qu’auteur, comment construis-tu tes mondes ? Tes personnages ?

M.G. : j’ai besoin d’un concept en amont, d’une ou plusieurs lignes de force qui vont infuser l’ensemble de l’univers. La magie au sens large constitue généralement l’amorce d’un univers et de ses personnages. Pour moi, elle incarne la voie oblique, le moment où les références communément admises basculent et fondent une alternative cohérente. En heroic fantasy, les références peuvent se résumer à un « credo » médiéval jusqu’à ce que l’introduction de la magie modifie la donne. C’est presque une démarche uchronique qui irradie non seulement le présent et le futur mais également le passé.

 

FS : Fais-tu parti des auteurs qui planifient leur texte ou qui écrivent au fil de l’eau ?

M.G. : j’écris viscéralement au fil de l’eau. J’ai un fil conducteur qui devient fil du rasoir sur lequel mes personnages progressent au nom de l’instinct. Pour moi, l’instinct est essentiel dans les dialogues et l’évolution des personnages.

 

FS : Quels sont tes projets pour l’avenir ?

M.G. : je finalise la sortie du prochain roman au Pré aux Clercs et prépare les deux suivants : le premier, sur papier, le second en format interactif. Tous deux dans des univers contemporains. Je collabore également au jeu de rôle tiré des Chroniques des Féals qui sortira à la fin de l’année aux éditions Sans Détour. Pour des raisons personnelles, je vais m’éloigner du jeu vidéo.

 

FS : Venons en maintenant au concours : comment as-tu entendu parler des Plumes en Herbe ? Connaissais-tu le concours et/ou l’association ForgeSonges avant cette édition ?

M.G. :oui, de réputation.

 

FS : Qu’est-ce qui t’as amenée à accepter de prendre part à l’aventure et à nous suivre ?

M.G. : l’envie de lire les autres.

 

FS : C’est ta première participation à un concours en tant que membre de jury ?

M.G. : j’ai été « jury » dans des ateliers d’écriture mais trop jeune, à l’époque, pour rendre des avis argumentés. Aujourd’hui, même je ne suis pas éditeur, mon expérience peut faire sens pour légitimer un regard.

 

FS : Qu’espères-tu retirer de cette expérience ?

M.G. : me confronter à des textes, oser les comprendre, les aimer ou non mais sans jamais les juger au sens premier du terme. L’écriture, si narcissique soit-elle, demeure un manifeste libertaire pour peu que vous en ayez conscience.

 

FS : En tant que membre du jury du concours, qu’attends-tu des nouvelles ? Quels sont tes espoirs ?

M.G. : j’espère être surpris.

 

FS : Quels conseils d’écriture donnerais-tu aux participants ?

M.G. : si je ne devais en retenir qu’un seul, j’évoquerais la sincérité. Si votre écriture est authentique, vous avez parcouru la moitié du chemin.

 

FS : le mot de la fin, si tu as quelque chose à ajouter, libre à toi…

M.G. : j’invite les participants à oublier les poncifs, les lieux communs et à nous parler de leur SF.

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